Un film de :
 Wolfgang Fischer (Les Enquêtes du professeur Capellari)
Avec :
  Susanne Wolff (l’Etranger et moi-Retour à Montauk)

Gedion Oduor Wekesa

Alexander Beyer (Berlin Station)

Durée:1h34

Distributeur: Sophie Dulac Distribution

Au cinéma:2 janvier 2019

Ryke, quarante ans, médecin urgentiste, planifie ses vacances en solitaire.
Depuis Gibraltar elle décide de regagner l’île de l’ascension mais la traversée vire au cauchemar lorsqu’une tempête s’abat sur sa frêle embarcation.
Mais son périple est loin d’être terminé.
Elle croise un bateau dans lequel se sont entassés de nombreux migrants et fait part, à la radio de sa découverte aux autorités compétentes.
Mais celles-ci restent sourdes et leurs injonctions sont des plus explicites…
Ne pas intervenir.
Lorsqu’un jeune adolescent se jette à l’eau à la rencontre de sa seule planche de salut, Ryke est confrontée à un sacré dilemme.
De la carte postale idyllique du début du film, la descente vers l’abîme  se fait crescendo.

Dans la mythologie grecque, le Styx, fleuve est point de passage vers les enfers ; nous comprenons mieux le choix du réalisateur Wolfgang Fisher.
Filmé par son esprit Manichéen, ce long métrage bouleversant est d’une intense émotion, ne peut que réveiller les consciences.

Léa Berroche rédactrice au magazine lumières en Arts

Ryke, une jeune femme médecin urgentiste, embarque à Gibraltar pour rejoindre en solitaire sur son voilier de douze mètres la petite île paradisiaque d’Asuncion située au large de l’île de Sainte Hélène dans l’océan atlantique sud. Après quelques jours de navigation idylliques, elle va essuyer une violente tempête qu’elle traversera grâce à ses qualités de navigatrice et à son sang-froid. Le calme revenu, elle reçoit un appel de détresse d’un petit cargo, bourré de réfugiés. Certains, apercevant le voilier se dirigeant vers eux, commencent à se jeter à l’eau. Les garde-côtes alertés, lui intiment l’ordre de ne pas intervenir, de rebrousser chemin car sa présence va inciter tous les autres passagers à quitter le navire alors qu’elle ne pourra rien faire pour cette multitude. Elle aperçoit à quelques encablures de son bateau une personne qui est sur le point de se noyer. Elle parvient à la hisser sur le pont. C’est un jeune garçon qu’elle va réussir à remettre sur pied. Il la supplie d’aller au secours du bateau qui commence à sombrer. Elle est totalement désemparée, perdue, impuissante, ne sachant quoi faire ….

Cette métaphore de Wolfgang Fischer évoque la cruauté des drames qui se déroulent parfois en méditerranée quand les tergiversations, les indécisions des Etats laissent se noyer des multitudes de gens qui fuient leur pays. Susanne Wolff est étonnement crédible dans ce rôle de Ryke grâce, notamment, à ses qualités réelles de navigatrice. Son personnage voulant gagner le Paradis va s’enfoncer dans le Styx, ce fleuve qui conduit aux Enfers, où il va perdre tous ses repères.

STYX a été récompensé par trois Prix au Panorama de la Berlinale et trois autres prix dont le Grand Prix du festival au 28e Filmkunstfest Mecklenburg-Vorpommern qui s’est tenu à Schwerin, en Poméranie occidentale.

Christian de Rouffignac rédacteur au magazine lumières en arts

 

 

 

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Fleuron