° interroge sur une  question d’actualité en tension .Le départ  des migrants du Sénégal par la mer  .De vives problématiques affleurent :

 Quel est l’état d’esprit de »leurs proches  »restés au pays face à chaque  candidat      à l’exil ?

Pari réussi  , Mati Diop sait nous faire partager ce que signifie le vide d’un Etre cher , la  cruelle solitude des exilés et l’angoisse d’une fuite périlleuse à l’issue incertaine .Elle a su  aussi interpréter

l’énergie de la jeunesse sénégalaise  balancée entre résistance et résilience  tentant d’écrire une nouvelle page de  leur Histoire collective , sans sombrer dans le désespoir..

    Vivre . Chercher l’eldorado !

 MATI DIOP , jeune actrice réalise ici son premier long métrage .Une fresque puissante fondée sur une convocation  narrative au romanesque subtil .Elle excelle dans une juste émotion , celle d’une situation emblématique des migrants de son  pays tentés de rejoindre l’Espagne .

 Cette fable dévoile un amour impossible entre Souleiman ( Ibrahim Traoré ) et.Ada.( Mama Sané ).  Une fresque épurée  , toujours rythmée par le romanesque qui  chavire vers le drame La narration évoque les contradictions d’une réalité sociale révélatrice de leurs conditions  très différentes . Un clin d’oeil à la lutte émancipatrice de la femme opprimée, contrainte  au mariage qui lui  assurera une aisance de ressources . ;

Un mariage par ailleurs contrarié par un mystérieux incendie criminel confère au récit une  légère tonalité policière .

                    Un conte tragique !

 »Les esprits des naufragés engloutis par l’océan reviennent hanter les vivants  »

Souleiman serait de retour !  . Ada , jeune femme farouche choisit la liberté.L’étreinte des amants  se dessine face à la mer tel un théatre d’ombres  saisissant contraste esquissé avec les lignes de fuite du décor glissant d’un camaieu grisé et terre de sienne vers les vagues d’un bleu caeruleum et cyan de l’océan 

Une esthétique remarquable berce notre imaginaire et attise la curiosité . L’océan devient opalescent  , déclinant un velours bleuté intense , tissant ainsi un écrin   »surréel’ de la tentation’ pour les deux amoureux .

  »Atlantique  »semble plus puissant qu’un traditionnel documentaire .Un tel récit cru , évoque tout ce qui est à la naissance de  l’exil des migrants  en donnant à réfléchir à la dimension politique du sujet .

Mati Diop ouvre une nouvelle perspective , son regard convoque un point de vue différent par une mise en lumière des réalités vécues par ceux qui restent , ainsi le Sénégal traditionnel est  dépeint comme un creuset d’injustices sociales confronté  à l’espoir des résistants .

Surprenante fable d’un Dakar devenu  un lieu mythique dévoilant le jour les mystères diurnes de cette ville incroyable .

     Mati Diop  dans ce long métrage signe avec une fine élégance un geste

 artistique bouleversant . Poésie et Politique entrent en résonance esquissant ainsi un avenir équivoque aux utopies . 

    Atlantique’ Grand Prix , festival de Cannes 2019

     Gilles Gosserez , rédacteur au Magazine Lumières en Arts