Un film de :
Teona Strugar Mitevska
Avec :
Zorica Nusheva
Labina  Mitevka(Le poirier Sauvage)
Simeon Moni Damevski

Durée : 1h40
Distributeur :Pyramide Distribution
Au cinéma le 1 mai 2019

A Stip, un petit village de Macédoine, une cérémonie religieuse réservée exclusivement aux hommes se déroule tous les ans. Le prêtre de la paroisse jette une croix en bois dans la rivière en contrebas. Le premier qui l’aura rattrapée connaîtra une année de bonheur. Petrunya, une jeune femme de 35 ans, désœuvrée, sans emploi, qui était venue là par simple curiosité, emportée par le flot de la foule se retrouve au bord de la rivière. Sans réfléchir, elle se jette à l’eau tout habillée et, sous le nez des hommes qui s’évertuent à la retrouver, récupère la croix sacrée. Les hommes hurlent, tentent de la lui chiper, mais Petrunya tient bon, la croix est à elle, elle ne la lâchera pas. De retour chez elle, sa mère qui avait assisté à la télévision à l’exploit insensé de sa fille, la couvre d’insultes, redoutant la colère des prêtres et le qu’en dira-t-on des voisins. Tout le village la cherche. Dénoncée à la police par sa mère, elle est conduite au poste. Là, les policiers et le prêtre  vont utiliser tous les stratagèmes pour lui faire rendre la croix. Appel au bon sens, au civisme, à Dieu qu’elle profane, promesse d’un emploi puis  intimidations, insultes, menaces, rien n’y fait. Au fil des heures, elle, timide et complexée bien qu’instruite et intelligente, prend  de l’assurance et tient tête à tous. Une journaliste de télévision qui couvrait l’évènement décide de prendre fait et cause pour elle en diffusant des images de foules haineuses et des témoignages de gens qui s’interrogent sur la réelle gravité de la situation. …

Ce film macédonien illustre les conflits qui opposent encore dans nos sociétés la tradition à la modernité. La cause proprement féministe est ici traitée avec subtilité. Les hommes sont certes en arrière-plan, mais tous ne sont pas d’ignobles individus, certains ont aussi un cœur, on est loin des caricatures. Les personnages sont attachants, l’histoire, qui se déroule sur un bon rythme, nous tient en haleine,  on attend le dénouement…qui finit par arriver !

Dieu existe, elle s’appelle Petrunya a été présenté en 2019 à la 69ème Berlinale où il a été consacré Meilleur film compétitionpar le Jury œcuménique.

Christian de Rouffignac et Léa Berroche

Fleuron