Marie Antoinette super star ? Oui, elle le fut de son vivant ! Elle a acquis à jamais son statut après sa mort tragique, qui l’a métamorphosée en figure légendaire.

Cette exposition à la Conciergerie, où Marie-Antoinette fut emprisonnée les dix dernières semaines de sa vie, met en lumière à travers de très nombreux documents, parfois surprenants,  les diverses facettes de son personnage et l’influence qu’elle a pu exercer avant et après sa mort. Les illustrations sont regroupées en  thèmes qui présentent les images multiples de la Reine.

On y côtoie d’abord Marie-Antoinette, la veuve Capet,  à la conciergerie, dépouillée de ses atours, portant charlotte et chemise blanche, qui va y être jugée, condamnée à l’échafaud à quatre heures du matin et exécutée dans les heures qui ont suivi le verdict, le 16 octobre 1793, à midi.

De son vivant, la reine s’était attachée à rompre les codes de la monarchie, éduquant elle-même ses enfants, recherchant la simplicité dans ses atours, faisant cependant appel pour cela à une haute couture au demeurant très dispendieuse, dont on peut se faire une idée à travers les portraits que nous ont laissés ses peintres attitrés.

Elle avait souhaité un mode de vie proche de la nature, allant jusqu’à recréer à Versailles un cadre (faussement) champêtre, entourée d’amis et amies de son choix. Mais, haïe par la population, cette reine maudite fit l’objet de pamphlets virulents et de caricatures féroces la représentant en Harpie, ou en images obscènes dénonçant ses supposées mœurs dépravées.

Son exécution en a fait une reine martyre. Louis XVIII aménagea un lieu de culte,  La Chapelle Expiatoire, sur l’emplacement même de la cellule de Marie-Antoinette, afin de réhabiliter son image et d’effacer celle d’une sorcière conduite à l’échafaud sur un tombereau.

On découvre qu’au  fil du temps, Marie-Antoinette donna lieu à de multiples ouvrages, écrits, peintures, films, et même à l’apparition d’une bimbeloterie hétéroclite d’un goût plus ou moins douteux. De nos jours, on assiste à un nouvel engouement qui touche le monde entier. On reconnait en elle une femme de notre temps, une féministe avant l’heure, aussi bien au Japon, dans des mangas, qu’aux Etats-Unis ou en Angleterre, y compris en France où elle a inspiré des  stylistes, comme John Galliano, Dolce et Gabbana ou Christian Louboutin.

Son image a été revisitée par des artistes contemporains comme Botero ou encore Pierre et Gilles qui sont allés jusqu’à représenter Zahia Dehar en Marie-Antoinette ! Selon leur vision, toutes deux étaient « des artistes dans des univers décalés »  qui, à un épisode de leur vie, ont traversé une période sulfureuse…il nous semble que le parallèle, si tant est qu’il y en ait un,  pourrait s’arrêter là !

Cette riche et passionnante exposition que nous devons au Commissaire Antoine de Baecke,  fermera ses portes le 26 janvier 2020.

La Conciergerie, 2 Boulevard du Palais, 75001 Paris. Téléphone : 01 53 40 60 80. Ouvert tous les jours, sauf dimanche, de 9h30 à 17h30, mercredi fermeture à 20h15.

Léa Berroche, Rédactrice au Magazine « Lumières en Arts ».