Exposition « Collections privées : des impressionnistes aux fauves »

Le 10 Février 2019 verra la clôture de cette exposition, date à laquelle les œuvres prêtées par de généreux  particuliers repartiront chez elles, aux quatre coins du monde.  Le Musée Marmottan-Monet a ainsi rassemblé soixante-deux œuvres majeures illustrant l’évolution des courants picturaux qui ont marqué la fin du dix-neuvième  et le début du vingtième siècle,  allant de Monet à Vlaminck et Matisse en passant, entre autres,  par Seurat Gauguin et Van Gogh. Nous sortons de cette exposition émerveillés, éblouis par le foisonnement des couleurs qui nous ont été proposées. Un véritable feu d’artifice.

 Le parcours débute par des œuvres impressionnistes. Non seulement Monet, Renoir, Pissaro, Degas y sont largement représentés, mais aussi Gustave Caillebote qui nous accueille avec un portrait de femme plongée dans sa lecture. Ce peintre nous surprend avec son monumental « Pont de l’Europe » qui tranche avec son délicat « Déjeuner ». Puis viennent les néo-impressionnistes, dont  Signac, Seurat et Van Gogh, qui adoptent une nouvelle technique picturale où les couleurs ne sont pas mélangées sur la palette mais juxtaposées en petites touches allant jusqu’à des points  qui se fondent sur notre rétine. Si l’on prend un recul suffisant par rapport au tableau, la magie opère !

Nous voici à Pont-Aven, où se sont arrêtés Paul Gauguin et Emile Bernard. On peut admirer deux œuvres de ce dernier « Le printemps » et « Les lutteurs », jamais accrochées à Paris. On poursuit avec des compositions plutôt sages de Toulouse-Lautrec, comme « la Blanchisseuse », et des toiles d’un groupe comptant notamment de Bonnard, Vuillard et Odilon Redon qui s’est baptisé « les Nabis », dont les thèmes, empreints de spiritualité, rejettent le naturalisme.  Le « Quadrige du char d’Apollon » une toile maîtresse d’Odilon Redon est une véritable merveille !

La ballade s’achève avec Matisse qui annonce l’arrivée du fauvisme, un mouvement dans lequel s’inscrivent des œuvres de Derain, Dufy et Vlaminck. Les « Fauves » ont utilisé la couleur, souvent vive et étalée sur de larges surfaces, en la dissociant  de l’objet, un abord qui a suscité railleries et rejets de la part des censeurs de l’époque.

Nous devons cette exposition exceptionnelle au talent de Marianne Mathieu, Adjointe au directeur, chargée des collections du musée Marmottan-Monet et Claire-Durand-Ruel Snollaerts, Historienne de l’art.

Musée Marmottan-Monet, 2 Rue Louis Boilly, 75016 Paris.  Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18 h, nocturne le jeudi jusqu’à 21 h. Tél : 01 44 96 50 33, Internet http://www.marmottan.fr/

C. de Rouffignac, Rédacteur du Magazine « Lumières en Arts »