LICORICE PIZZA

Genre: Comédie
Pays: USA
Durée: 2h13
Réalisateur : Paul Thomas Anderson
Acteurs: Alana Haim, Cooper Hoffman, Bradley Cooper

Gary et Alana se rencontrent à l’occasion de la photo de classe du lycée. Elle est assistante du
photographe et lui, jeune lycéen. Gary est persuadé que cette jeune fille ayant l’âge de sa
grande sœur est liée à sa destinée. C’est celle qu’il cherche pour partager sa vie. La jeune fille
semble amusée par ce jeune homme, vedette de sitcom, plein de culot. Leurs destins se
croisent à plusieurs reprises, scellant une relation particulière entre l’amitié et l’amour. Alana
s’émancipe du poids d’une famille juive au cœur de ces années soixante-dix, avant le grand
choc pétrolier. Elle se voudrait comédienne et aide un politicien à mener sa campagne. Elle
soutient Gary dans sa carrière d’homme d’affaires comme associée particulière. Gary gère
celle-ci avec talent, anticipant sur les matelas à eau, les flippers et autres possibilités du rêve
américain. Dans ce pays, il est encore possible, comme du temps des pionniers, de partir de
rien pour toucher les étoiles. C’est une course folle, dans l’esprit de Quand Harry rencontre
Sally aux fragrances des années soixante-dix.
« J’ai rencontré celle que je vais épouser » Gary
Retour sur les terres de son enfance pour Paul Thomas Anderson après Boogie Nights (1997),
Magnolia (1999), Inherent Vice (2014). Il revisite les années 70, un peu après Quentin
Tarantino dans Once Upon a Time in Hollywood (2019), plus sombre. C’est une histoire
d’amour simple, contrariée, comme Paul Thomas Anderson les aime. C’est une course
aboutissant à la certitude d’avoir trouvé l’être aimé. D’où notre référence à Quand Harry
rencontre Sally. Le public sait que ces deux-là finiront par se dire je t’aime. Comme le dit
Paul Thomas Anderson dans une interview aux Cahiers du cinéma « l’histoire est
conventionnelle ». Nous rajouterons, c’est le voyage qui ne l’est pas. La scène finale est une
métaphore du voyage, une course folle vers l’être aimé. Gary est persuadé qu’Alana est celle
qui comblera sa vie. La jeune fille s’en amuse et reste sur une amitié profonde. Elle finira par
aboutir à ce qu’elle savait déjà au fond de son cœur. Les années soixante-dix deviennent bien
plus qu’un personnage, un décor, le regard sur une époque. La période est indissociable,
comme toujours chez Paul Thomas Anderson, de l’histoire, à la fois décor, regard sur
l’époque et personnage. Alana représente ce vent de révolte qui souffle sur la jeunesse. Elle ne
se contente pas d’un destin tout tracé, mais de celui qu’elle se construit. Rebelle aux
convenances de sa famille et de la société de l’époque, elle tâtonne. Entre son désir d’actrice,
les projets de Gary et le soutien à un homme politique, elle inscrit sa destinée. Gary est plus
modéré, plus dans le rêve américain. Il profite d’opportunités pour se lancer dans les affaires,
du matelas à eau aux flippers et aux premières salles de jeux. Autour d’eux, une galerie de
personnages pittoresques marque ce vent de folie de tous les possibles, portés par la fin des
années précédentes. Jack Holden, clin d’œil à William Holden, acteur au charme fou
l’emporte sur sa moto. Alana tombe, comme si elle ne faisait pas partie de cette histoire. C’est
Gary qui la relève. De la même manière, elle aide son ami à se sortir d’un mauvais pas avec
Jon Peters, un agent allumé. Cela donne une belle séquence d’un camion en marche arrière en
pleine pénurie d’essence. Comme si nos deux amoureux revenaient à ces années rebelles
avant le crash pétrolier. Toutes ces histoires satellites, en apparence anodines, ne font que

renforcer le thème principal de l’amour. Comme toujours, il finit par triompher de tous les
obstacles. Le titre du film est emprunté à une chaîne de magasin de disques vinyles. La bande-
son, comme d’habitude, est un petit bijou, dans laquelle on trouve Nina Simone, David
Bowie, The Doors, Sonny & cher, Chuck Berry, Donovan, Paul McCartney, Gordon
Lightfoot et Taj Mahal. La partition principale est composée par Jonny Greenwood, complice
de toujours. La musique des mots est importante, les dialogues sont un petit bijou de finesse et
de profondeur. Le film doit beaucoup à ses jeunes interprètes, Cooper Hoffman, le fils de
Philip Seymour Hoffman et Alana Haim, musicienne avec ses sœurs, dont Paul Thomas
Anderson réalisa plusieurs de leurs clips. Les deux comédiens sont remarquables de justesse
et de sincérité, sans jamais composer, tout en naturel, sans maquillage. Le film y gagne un ton
particulier, grâce à son choix de tourner en 35 mm diffusés en 70. Une fois de plus, Paul
Thomas Anderson a su conquérir notre cœur. On espère qu’il réussira son désir d’une
comédie musicale avec Jonny Greenwood.

Patrick Van Langhenhoven

Fiche technique
Titre original : Licorice Pizza
Titre de travail : Soggy Bottom
Réalisation et scénario : Paul Thomas Anderson
Musique : Jonny Greenwood
Directrice artistique : Samantha Englender
Décors : Florencia Martin
Costumes : Mark Bridges
Photographie : Paul Thomas Anderson et Michael Bauman
Montage : Andy Jurgensen
Producteurs : Paul Thomas Anderson, Daniel Lupi, JoAnne Sellar et Adam Somner
Sociétés de production : Metro Goldwyn Mayer, Focus Features, Bron et Ghoulardi Film
Company
Sociétés de distribution : United Artists Releasing (États-Unis), Universal Pictures
International France (France)
Pays de production : Unis États-Unis
Langue originale : anglais
Format : couleur — 35 mm (Kodak) — 2.35:1
Genre : comédie dramatique, récit initiatique
Durée : 133 minutes
Budget : 40 000 000 $ 2
Dates de sortie : 5 janvier 20223
Distribution
Alana Haim : Alana Kane
Cooper Hoffman : Gary Valentine
Sean Penn (VF : Emmanuel Karsen) : Jack Holden
Tom Waits : Rex Blau
Bradley Cooper (VF : Alexis Victor) : Jon Peters

Benny Safdie : Joel Wachs
Skyler Gisondo : Lance
Maya Rudolph
John C. Reilly : Herman Munster
Mary Elizabeth Ellis (VF : Anneliese Fromont) : Momma Anita
John Michael Higgins : Jerry Frick
Christine Ebersole : Lucille Dolittle
Harriet Sansom Harris : Mary Grady
Ryan Heffington : Steve
Nate Mann : Brian
Joseph Cross : Matthew
George DiCaprio : Mr. Jack