Nomadland

Genre: Drame

Pays: USA

Durée: 1h48

Réalisateur : Chloé Zhao

Acteurs: Frances McDormand, David Strathairn, Gay DeForest

Fern boucle le dernier adieu à ne vie passée à Empire, la ville construite autour de l’usine de plâtre. Son mari est mort, l’entprise ferme ses portes, il ne reste plus rien qui la retienne, que des fantômes. Elle vend quelques bricoles, enferme les autres à double tour dans un garde-meuble. Elle achète un van es se lance sur la route. Première étape, Amazon pour un boulot saisonnier. Fern n’imagine aucun horizon en perspective, juste des souvenirs trop pesants à porter et le vent qui la portera ici et ailleurs. Elle se laisse porter par la route et les opportunités de travail. Elle rencontre Linda qui l’invite à Desert Rendez-vous en Arizona géré par Bob Wells. Elle découvre une communauté d’hommes et de femmes lancés sur la route, solidaires vivant de troc. Les nouveaux nomades s’élancent sur l’asphalte au volant de leurs vans, trainant leurs maigres biens de ville en ville. Ils traversent et transcendent l’espace, offrant une autre voie aux âmes perdues, broyées par le rêve américain. Fern trouve sa place au cœur de ce monde et plus que la route, c’est ce fardeau de l’âme qu’elle finira

On pense à Kerouac Sur la route, des hippies, des hobos de la grande crise se lançant sur la route, libres sans entrave. Cette nouvelle communauté de nomades choisit l’entraide pour imaginer, souvent en bout de vie, un autre horizon. Il n’est pas étonnant que la jeune réalisatrice Chloé Zhao s’empare du sujet. Elle trouve dans ce dernier les thématiques qu’elle explore depuis le début. La liberté, la tribu et le choix d’une vie. Ce sont ces territoires qu’arpentent ses héros depuis son premier film, Les chansons que mes frères m’ont apprises, et son deuxième, The Rider. Elle sait saisir l’âme d’une communauté, d’une tribu, amenant ses personnages à s’interroger sur leur place en son sein. Ils doivent d’abord affronter le poids de leurs propres blessures, fardeaux qu’ils portent tout au long du récit qui les conduit vers la liberté et le choix de vivre. C’est souvent comment inscrire son histoire particulière au sein d’un groupe bien plus grand. Ils apparaissent à la fois indépendants, libres, mais finalement reliés aussi à la tribu, la communauté qui les aide à explorer leur âme profonde. Ils ne leur reste plus, en bout de piste, au croisement de deux routes, qu’à choisir leur propre horizon. La nature, la route, la notion du voyage, aux sens propre et figuré, sont un moyen pour aboutir à l’éveil. C’est dans le chaos que commence leur histoire pour s’achever, une fois le fardeau abandonné, porteurs d’une nouvelle certitude. Fern dans Nomadland, Jashaun et Johnny Les chansons que mes frères m’ont apprises, Brady dans Rider n’échappent pas à ce cheminement. Fern entame le voyage avec le poids d’un passé, d’un petit bonheur perdu qui ne semble pas entraver sa marche. Pourtant, nous découvrirons qu’elle ne peut être ce fantôme qui passe sans laisser d’empreinte. Peu à peu, elle comprend quelle devra abandonner les vieilles histoires, n’en garder précieusement que les souvenirs pour avancer sur sa propre piste. C’est d’abord la liberté intérieure, la paix de l’âme, avant celle du corps. Les frères, les sœurs, la fratrie, la famille se glissent dans l’histoire comme une seconde lecture à travers ces trois premiers films. L’espace et la nature sont omniprésents, monde plus vaste à embraser de ses désirs, embrasser dans sa quête, pour toucher à l’harmonie. Chloé Zhao propose une mise en scène proche de la réalité, avec la présence d’acteurs de la vie, mélangeant réalité et fiction. Elle touche à l’essentiel pour nous emporter à chaque fois dans une histoire différente,

Patrick Van Langhenhoven

Lien Bande annonce : txby7_WvQGA

Fiche technique

Titre original et français : Nomadland

Réalisation : Chloé Zhao

Scénario : Chloé Zhao d’après le livre Nomadland: Surviving America in the Twenty-First Century de Jessica Bruder

Musique : Ludovico Einaudi

Direction artistique : Elizabeth Godar

Costumes : Hannah Peterson

Photographie : Joshua James Richards

Montage : Chloé Zhao

Sociétés de distribution : Searchlight Pictures (États-Unis), The Walt Disney Company France

Pays d’origine : États-Unis

Langue originale : anglais

Format : couleur — 2,39:1

Genre : drame

Durée : 108 minutes

Dates de sortie : 13 octobre 2020 (Festival Lumière) 9 juin 2021 (sortie nationale)

Distribution

Frances McDormand : Fern

David Strathairn : Dave

Linda May : Linda

Charlene Swankie : Swankie

Bob Wells : Bob

Peter Spears : Peter

Récompenses

Mostra de Venise 2020 : Lion d’or

Satellite Awards 2021 :

Meilleur film

Meilleur réalisateur

Meilleure actrice pour Frances McDormand

Golden Globes 202110 :

Meilleur film dramatique

Meilleur réalisateur

BAFTA 2021 :

Meilleur film

Meilleur réalisateur

Meilleure actrice pour Frances McDormand

Meilleure photographie

Oscars 2021 :

Meilleur film

Meilleur réalisateur

Meilleure actrice pour Frances McDormand

Sélections

Festival international du film de Toronto 2020 : sélection en section Gala Presentations

Festival international du film de Saint-Sébastien 2020 : sélection en section Perles (Perlak)

Nominations

Golden Globes 2021 :

Meilleure actrice dans un film dramatique pour Frances McDormand

Meilleur scénario

Oscars 2021 :

Meilleur scénario adapté

Meilleure photographie

Meilleur montage