Un film de :
d’Alassane Diago(titre – titre)
Genre :Documentaire

Durée : 1h50
Distributeur : JHR Films
Au cinéma le 20 février 2019

 

 

 

Né en 1985 au Sénégal , Alassane Diago n’a qu ‘ une idée en tête rencontrer son père émigré au Gabon.
Issu d’ une population nomade, les Peuls, celui-ci comme beaucoup d ‘autres, à déserté le village dans les années 70-80 , la sécheresse ayant décimée le bétail.
Cette émigration massive porte l’espoir à de nombreuses familles ; malheureusement pour le jeune Alassane, son père ne  donne aucun signe de vie durant 20 ans , encore moins de subvenir aux besoins de ses enfants et de sa femme.
Devenu adulte et réalisateur, Alassane Diago va tout mettre en oeuvre pour parvenir à ses fins et c ‘ est derrière la caméra qu’il va nous faire revivre cette rencontre chargée d’émotion.

Léa berroche rédactrice au Magazine Lumières en Arts

Ce documentaire d’Alassane Diago relate l’histoire de sa rencontre avec son père qu’il n’avait pas revu depuis trente ans.

A la suite de la sécheresse qui a touché le nord du Sénégal, le père du jeune Alassane a décidé d’émigrer au Gabon pour y trouver du travail. Cette absence qui devait être temporaire, est devenue définitive. Par un concours de circonstance, il vient de voir un documentaire de son fils à la télévision qui traitait de l’émigration, où son cas était évoqué. Il réussit à joindre son fils au téléphone. Ce dernier lui annonce qu’il a pris la décision d’aller le rencontrer au Gabon.

Les retrouvailles ne sont pas faciles. Le père est peu disert. Ses premiers mots sont des reproches, il se sent humilié parce ce qu’il considère que ce film met sur la place publique des éléments de sa vie privée qui ne regarde personne. Il en est profondément blessé. Malgré tout, peu à peu, il se détend, il devient presqu’heureux de montrer ses trois chèvres qui font quotidiennement l’objet de tous ses soins, veillant ce qu’elles n’aient ni faim, ni soif. Lorsqu’Alassane aborde son absence, il se renferme alors dans un mutisme pesant. Tous deux sont des musulmans croyants et pieux. Selon l’Islam, le père doit s’occuper de sa famille, subvenir à ses besoins et participer à l’éducation de ses enfants. Malgré ces recommandations, il a abandonné les siens. Le père, de plus en plus mal à l’aise, essaie d’argumenter, invoquant la volonté de Dieu de lui imposer cela et son manque d’argent pour retourner au pays. Mais Alassane ne peut accepter ces réponses…

Ce documentaire à trois personnages, le père, le fils et la caméra, fait de petites touches où les silences sont éloquents, traduit avec subtilité les difficultés de compréhension entre un enfant et son père après des années de séparation, et montre l’influence des traditions qui peuvent accentuer les distances.

Ce long-métrage a été sélectionné en 2018 au Festival International du Film Francophone de Namur (Belgique) et aux 34 èmes Rencontres Cinéma de Gindou (France).

C. de Rouffignac, Rédacteur du magazine « Lumières en Arts »

Fleuron