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Un Vrai Faussaire

Un Vrai FaussaireUn Documentaire de :
Jean-Luc Leon
Avec :
Guy Ribes (Renoir)
Durée : 1h30
Distributeur : Pretty Pictures
Au cinéma : 2 mars 2016

À la manière de Picasso ou de Chagall. À la manière de Léger ou de Matisse mais surtout à la manière de Guy Ribes ! Ce faussaire de génie est plus qu’un simple copiste. Il ne reproduit pas des tableaux existants mais il en extrait l’essence même. Sous son pinceau les œuvres qu’il crée retrouvent l’âme de leurs artistes associées. Son pire ennemi est de vouloir faire mieux. Guy Ribes doit savoir s’arrêter à temps pour que le tableau fini ne soit pas parfait. Trop de perfection éveillerait les soupçons des experts. Après tout, il ne crée que le tableau inconnu de tous, celui qui aurait été jugé « mauvais » par son auteur originel. Son travail est de comprendre la peinture des plus grands, pénétrer leur esprit, appréhender leurs techniques, comprendre leurs erreurs et les reproduire.

« Picasso faisait trente tableaux par jour dont certains qu’il déchirait, moi j’en fais un autre, entre le 22ème et le 23ème … » (Guy Ribes)

Ce biopic retrace la vie ô combien extraordinaire de celui qui fut l’un des faussaires les plus prolifiques de notre époque. Une vie entière consacrée à la peinture. A 14 ans il touche pour la première fois un pinceau dans un atelier de dessin où, marlou comme il est, il y volait déjà des pigments ! Sa passion pour l’art fleurit. Aujourd’hui, à 65 ans, sa vie c’est autant de vies que d’artistes qu’il a copiés. Trente ans à inonder le marché de l’art avec ses faux. Après une condamnation en 2010, il peut à présent tout nous dire… ou presque.

Le réalisateur Jean-Luc Leon nous avait déjà livré un documentaire sur le marché de l’art en 1996. Ici il réalise ce dont il avait tant rêvé, un reportage sur un faussaire. Sous forme d’enquête policière, on assiste à la visite du service des scellés où certaines des pièces à conviction nous sont présentées par un préposé qui ne manque pas d’humour en soulignant à quel point le cadre du Modigliani est bien plus beau que le dessin. Fil rouge du documentaire, l’enquête nous mène à Guy Ribes: la surprise est totale ! Il est l’un de ces personnages que l’on jurerait sorti tout droit de l’imaginaire d’un Georges Lautner au meilleur de sa forme. Homme de l’ombre caché par la signature de l’artiste qu’il copie, son nom est enfin sous la lumière.

Puis l’enquête devient aparté. Le faussaire se livre. Celui qui se souvient plus de ses chats que de ses maîtresses raconte son histoire. Grandeur et décadence rythment sa vie. On le voit peindre, le trait toujours aussi sûr. Du talent il en a à revendre. Sa gouaille et son humour font mouche. On tombe sous le charme…

« Les récits de faussaires sont parfois aussi vrais que leurs œuvres » (faux proverbe chinois)

Julien Joanny

Fleuron



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