La nuit étoilée

lumières en arts
Van Gogh

Au 38 de la rue Saint Maur, à Paris, dans une ancienne fonderie datant de 1835, Bruno Monnier, Président de Culturespaces, a eu l’idée de créer un centre d’art numérique, l’Atelier des Lumières, qui a ouvert ses portes l’an dernier. L’entrée franchie, on pénètre dans une immense salle, la Halle, pour plonger dans un univers d’images et de sons. Toutes les  surfaces sont recouvertes de projections qu’accompagne une musique enveloppante diffusée par une sono musclée. On choisit un endroit. Debout ou assis à même le sol (les avisés ont pris leur pliant)  nous allons assister à trois spectacles qui vont nous transporter dans des mondes imaginaires pendant près de deux heures.

« Van Gogh, La nuit étoilée » nous invite à un parcours qui retrace quelques étapes de la vie chaotique de ce génie qui n’a réussi à vendre qu’une seule toile de son vivant ! Ce qui nous enchante ici, au delà des œuvres elles-mêmes, c’est la présentation qui en est faîte. On est au pied du chevalet, on peut distinguer le moindre coup de pinceau, aussi ténu soit-il, ou bien l’application du couteau qui fait jaillir des couleurs éclatantes, descontrastes forts, deseffets de lumière, des reliefs.Et le numérique fait merveille. Le pinceau s’anime, va cueillir une pointe de rouge, l’applique sur la toile, recommence avec un autre pigment, puis un autre… jusqu’à ce que le motif apparaisse : on voit Van Gogh peindre ! La mer s’agite, un bateau tangue, les eaux miroitent, un vol de corbeaux s’éloigne, un soleil apparaît…autant de créations à partir de fragments de tableaux habilement travaillés. Ces prouesses ne font que renforcer les émotions que suscitent les quelque 500 chefs d’œuvre qui se succèdent. L’une des dernières toiles est un autoportrait de l’artiste… la salle applaudit à tout rompre, des applaudissements qui s’adressent très certainement autant à Van Gogh qu’aux concepteurs et réalisateurs de cet éblouissant spectacle. On peut prolonger le plaisir en se rendant dans la citerne située au centre de l’Atelier où sont projetés les tableaux dont sont issus les extraits.

« Un voyage immersif dans l’art japonais » nous introduit dans un Japon tel qu’on peut l’imaginer,  le fantasmer avec ses geishas et ses samouraïs, ses cerisiers en fleurs, la mer, ses estampes, ses paravents décorés et autres éventails… Ici, l’aspect farouche des guerriers renforcé par la fureur des tambours succède au raffinement des courtisanes aux kimonos chatoyants, à l’heure rituelle du thé. Là, la vague, ô combien célèbre, d’Hokusai s’anime, déferle sur des extraits de « La Mer » de Claude Debussy. Ces évocations s’achèvent sur une superbe séquence de lanternes de papier s’élevant au gré du vent dans un ciel bleu-nuit.

« Verse » est une œuvre de Thomas Vanz, un jeune réalisateur et compositeur français fasciné par les récentes découvertes des astrophysiciens qu’il traduit selon son inspiration. Avec lui, on parcourt le cosmos, on assiste à la naissance puis à la mort des étoiles, on sursaute à l’explosion d’une surpervova qui fait irruption dans un grondement de tonnerre … Dans la Halle, seul un court extrait de « Verse » est projeté, le film pouvant être vu dans son intégralité dans le Studio attenant.

On ressort éblouis par ces créations, conçues par le Studio Danny Rose avec un collectif d’artistes multidisciplinaires, qui nous ont immergés pour un temps dans un univers fantastique de sons et de lumières. 

L’Atelier des Lumières au 38 rue Saint-Maur, 75011 Paris, tel 01 80 98 46 00,  est ouvert du lundi au jeudi de 10h à 18h. Nocturnes les vendredis et samedis jusqu’à 22h et les dimanches jusqu’à 19h. L’exposition fermera le 31décembre 2019.

En semaine, la  billetterie sur place ferme à 16h. Après 16 h et le week-end, achats en ligne uniquement.

C.  de Rouffignac, Rédacteur et Léa Berroche Rédactrice au Magazine « Lumières en Arts ».