« Ma vie a été plusieurs vies. Deux vies très différentes. Je voudrais qu’on se souvienne du
respect qu’on doit aux animaux. »


Entre « Mépris » et adulation, l’icône Bardot n’a jamais cessé de tracer sa route sans se
soucier du qu’en-dira-t-on. Ce documentaire dévoile un être de chair et de sentiments, loin de
« cette ravissante idiote », titre d’un film de Molinaro où elle joue. Le mythe Bardot se
fracasse sur l’ensemble des éléments réunis par les deux réalisateurs pour dévoiler un portrait
émouvant d’une femme libre. Nous découvrons la petite fille de bonne famille que l’on
cherche à enfermer dans un carcan de bonnes manières et d’une vie bien ordonnée. Elle
abandonne la danse pour suivre Vadim dans un premier film Et Dieu créa la femme qui fit
scandale à son époque. Elle n’hésite pas à livrer son corps à l’œil capricieux de l’objectif,
revendiquant sans doute ainsi sa liberté d’être et d’agir. Elle devient un symbole qui franchira
les océans pour conquérir le monde, à l’image des étoiles filantes dans le ciel, des divas. En
vingt-cinq ans de carrière, elle embrase la pellicule pour ravir le cœur de millions de minots
qui, comme moi, rêvaient de Bardot. On ne compte plus les documentaires sur Brigitte
Bardot, lui volant la parole, s’appuyant sur de vieux documents pour tenter d’esquisser un
portrait de celle qui échappe à ses biographes. La force du documentaire d’Alain Berliner et
Elora Thevenet, c’est pour la première fois de lui donner la parole. À 91 ans, la vieille dame,
le dos tourné dans son habit de fermière, simple comme la vie qu’on lui a volée, s’exprime,
défendant la cause animale et une vie qui parfois a connu quelques débordements.
« La gloire, c’est formidable et c’est invivable »
Plus qu’une chronologie des événements, Alain Berliner et Elora Thevenet choisissent de
découper leur documentaire par thématiques. Ils montrent ainsi les nombreuses vies qui vont
s’entrecroiser, s’interpeller pour livrer un portrait intime bercé par une certaine tristesse. Les
documents, les interviews de l’époque, les extraits de films, la voix de Bardot aujourd’hui,
s’accompagnent de l’analyse de 35 personnalités. On découvre, la top model Naomi
Campbell, la styliste Stella McCartney, le réalisateur Claude Lelouch, la comédienne
Frédérique Bel, le militant écologiste Paul Watson, le quatrième mari de BB, Bernard
d’Ormale, ou encore Marc Brincourt, l’ancien patron du service photo de Paris-Match. Ils nous
racontent ce qu’est Bardot pour eux et parfois l’influence, la complicité qu’ils ont eue avec
elle pour certains. Sans aucun temps mort, en 1h30, les réalisateurs arrivent à nous emporter
au cœur d’une vie marquée par une enfance bourgeoise stricte, ses complexes de jeune fille, la
révolution qu’elle provoque avec Vadim. Ils n’oublient pas l’hystérie et la violence qui
s’emparent de certains, ses multiples tentatives de suicide, ses avortements. C’est aussi ce
vent de modernité, la libération des mœurs qu’elle provoque, son influence sur la mode, la

libération de la femme. Comme elle le dit : « Je suis née libre et je mourrai libre ». C’est une
redécouverte de Bardot, plus vraie que l’image que son silence laisse d’elle. On peut
reprocher aux auteurs d’effleurer les sujets qui fâchent, son rapport avec son fils, la politique,
et certains propos exagérés pour défendre la cause animale. Ils nous dévoilent une femme qui
n’est pas parfaite, mais qui mérite mieux que la haine et le mépris qu’elle a subis. L’icône est,
en fin de compte, une femme comme les autres qui a juste osé se libérer.
« Plus ça va dans ma vie et plus j’ai peur de l’être humain. Je suis plus animale qu’humaine. »
Comme le dit Paul Watson, l’un des fondateurs de Greenpeace,  » Elle est passée du statut
d’icône de la sexualité et de la beauté à celui d’icône de la gentillesse et de la compassion pour
les animaux ». Bardot montre combien elle a été visionnaire sur l’écologie et surtout la
condition animale, avec cet emblématique combat pour les bébés phoques. Comme elle le dit :
« On m’a traitée de tout. J’en ai pris plein la gueule. C’est injuste mais j’ai continué sans jamais
avoir envie de lâcher. » Elle vend ses biens personnels pour créer sa fondation, on ne compte
plus les combats qu’elle mène pour la défense des animaux. Elle contribue au vote de plus
d’une dizaine de lois, listées dans le générique. Elle a permis avec d’autres de faire passer
l’animal de meuble à être vivant, et même conscient. Aujourd’hui, de nombreuses études
confortent sa position. L’animal a une conscience, un langage, et même plus. Mon père disait
quelqu’un qui aime les animaux aime les hommes. C’est peut-être naïf et simple, mais pas
faux. Laissons à Brigitte les derniers mots : « Je regarde souvent la nature, les feuilles des
arbres, confie-t-elle. Le soir, je regarde les étoiles dans le ciel. Cette galaxie extraordinaire
doit bien être là pour quelque chose. » « Moi, j’aurais pas peur de la mort si on disparaissait. On
devrait se dissoudre dans l’air. »


Fiche technique
Titre original : Bardot
Réalisation : Alain Berliner et Elora Thevenet
Scénario : Elora Thevenet, Nicolas Bary, Alain Berliner et Jessica Menendez
Musique : Astrid Gomez-Montoya et Rebecca Delannet
Photographie : Boris Abaza, Aurélien Dubois et Gaëlle Tanguy
Son : Anael Barnaud et François Waledisch
Montage : Manuel Grafto et Jérôme Pey
Production : Julien Leoffler, James Kermack, James Barton, Nicolas Bary et Elora Thevenet
Sociétés de production : Featuristic Films
Sociétés de distribution : Pathé Films
Pays de production : France
Langue originale : français
Format : couleur
Genre : Documentaire
Durée : 90 minutes
Dates de sortie : 19 mai 2025 (Cannes) 3 décembre 2025


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