Du 22 février au 12 mars, l’association Diwan en Lorraine en partenariat avec le Conseil Départemental de Meurthe-et-Moselle et une douzaine d’acteurs culturels ambitionnent de « donner à voir et à entendre la création africaine contemporaine, interroger sa place dans notre histoire et nos imaginaires ».  Parmi les événements proposés, du théâtre, des contes, des concerts, des conférences…Et un salon littéraire consacré à la littérature africaine qui aura vocation à s’installer dans le calendrier culturel annuel en Lorraine.

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Mais qu’arrive-t-il aux Reines de beauté ? Sananas & Iris Mittenaere

Nous avons rencontré Ridouane Atif, président de l’Association Diwan en Lorraine pour un échange autour de cet événement inédit. 

Pouvez-vous nous en dire plus sur l’association Diwan en Lorraine ?

RA : L’association Diwan en Lorraine a été crée en 2006, portée par une volonté forte de promouvoir le « vivre ensemble », de s’approprier les invariants qui nous regroupent, tout en s’enrichissant de nos particularismes régionaux. Les événements que nous organisons ont pour objectif de faciliter la connaissance et la compréhension de la civilisation arabo-musulame, sans l’aspect cultuel mais plus sur l’aspect culturel, sur une ère allant de l’Afghanistan à l’Andalousie.

Comment l’association Diwan investit-elle le domaine de la culture en Lorraine ?

RA: Au départ nous avons souhaité intervenir sur trois axes : les concerts, en collaboration avec la salle Poirel, le Centre Culturel André Malraux, l’Autre Canal à Nancy et l’Arsenal à Metz ; le cinéma, avec la projection de films suivies d’échanges avec les réalisateurs, en collaboration avec les cinémas d’art et d’essai Cameo, ou en soutien au festival du film arabe de Fameck; et enfin les conférences, dont l’objectif était de proposer des clés de lecture de cette civilisation arabo-musulmane. Mais de fil en aiguille, à ces trois axes se sont ajoutés la poésie et l’organisation d’expositions, notamment de peinture, et maintenant des réflexions autour d’autres événements culturels. 

Du 22 février au 12 mars, en collaboration avec de nombreux acteurs culturels de la ville de Nancy, vous organisez l’événement « Désirs d’Afrique ». En quoi va consister cette manifestation?

RA : Notre volonté a toujours été d’avoir une cohérence globale dans les événements que nous proposons. Ainsi, après la semaine iranienne organisée avec des acteurs culturels tels que le CCAM, nous avons souhaité réfléchir à ce qu’il était possible de faire autour de l’Afrique.

Aujourd’hui on constate qu’il y’a de nombreux jeunes artistes africains engagés pour la démocratie dans leur pays et souvent en recherche d’espaces de liberté. Mais ces artistes ne sont pas toujours en lien les uns avec les autres. L’idée de départ était donc d’organiser un événement de 2 ou 3 jours à Nancy qui permettrait à la fois de casser les barrières et les clichés, notamment entre Afrique du Nord et Afrique subsaharienne et qui faciliterait la rencontre et le partage entre ces artistes. Mais de fil en aiguille d’autres acteurs culturels se sont greffés à cette réflexion, et aujourd’hui c’est une douzaine d’acteurs culturels qui ont décidé de conjuguer leurs énergies pour « donner à voir et à entendre la création africaine contemporaine. »

Concernant la programmation de cet événement à quoi faut-il s’attendre?

RA : Ce qui est vraiment intéressant avec cette initiative c’est que tous les acteurs partagent les mêmes valeurs et la même vision globale de l’événement. Concernant la programmation, chacun a eu la liberté de proposer un événement en accord avec la philosophie que nous souhaitions porter, ce qui donne quelque chose de très varié et de très éclectique. Nous aurons donc par exemple le Centre Dramatique de Nancy et le CCAM qui proposeront de très belles pièces de théâtre avec Dieudonné Niangouna et Dorothée Munyanenza, les Bibiothèques de Nancy qui proposeront des séances de Contes, la médiathèque Jules Verne de Vandoeuvre qui proposera une projection de film, des concerts avec l’Autre Canal, une soirée avec de jeunes vidéaste africains à la MJC Lillebonne…Et un cycle de trois conférences avec Cathérine Coquery-Vidrovitch, Achille Mbembe et Souleymane Bachir Diagne qui aborderont à partir de prismes différents les relations entre France et Afrique dans toute leur complexité.

Dans le cadre de cette manifestation, on retrouvera également pendant 3 jours le salon littéraire « Livre d’Ailleurs » dédié à l’Afrique. Dans le sillage du Livre Sur la Place cette manifestation a-t-elle vocation à s’inscrire au calendrier annuel des rencontres culturelles de la Ville de Nancy ? .

RA: Notre volonté reste d’enrichir notre région d’autres univers, notamment littéraires, et cela tombe bien car nous avons déjà une très belle entrée avec le Livre Sur la Place. Concernant « Livre d’ailleurs », c’est effectivement une manifestation qui est appelée à être annuel, avec une édition sur deux dédiée à l’Afrique, et la 2ème édition dédiée à l’Orient. Pour cette première édition dédiée à l’Afrique qui se déroulera du 04 au 06 mars, nous avons travaillé avec l’Alliance Internationale des Éditeurs Indépendants (collectif de 750 maisons d’édition dans 55 pays).

Comment avez-vous construit la programmation de «Livre d’Ailleurs » ?

RA : La programmation a été mise en œuvre par Elisabeth Daldoul, responsable des éditions Elyzad, seule maison d’édition hors exagone a avoir gagné un Goncourt, celui du premier roman en 2020.

Dans le cadre de cette édition, nous attendons une trentaine d’auteurs que le public retrouvera autour d’une dizaine de tables rondes sur des sujets tels que « Dessine-moi la liberté » avec  René Guitton et des dessinateurs de presse du collectif Cartooning for Peace qui a participé à  l’album « Africa » ou encore des tables rondes autour de la liberté des femmes avec des autrices telles que Samira El Ayachi et Oswalde Lewat (lauréate du grand prix panafricain de littérature) . En plus de ces  moments,  il y’aura également d’autre temps forts, notamment l’échange prévu entre Mohamed Mbouga Sarr (dernier prix Goncourt) et In-Kolo Jean Bofane président de cette édition.

Quelles sont vos attentes à la fois pour le salon « Livre d’Ailleurs» et pour le grand événement dans lequel il s’insère «Désirs d’Afrique» ?

RA : De manière générale, notre plus grande attente est relative au public. Nous espérons avoir  un maximum de personnes venant de tout le département.

Concernant Livre d’Ailleurs, c’est un grand moment autour de la lecture. Toutes les rencontres sont gratuites et ouvertes à tous. Nous espérons donc y voir beaucoup de familles.

De plus, derrière cette démarche culturelle, il y’a une démarche solidaire qui nous tient à coeur, puisque nous avons également prévu d’une part d’intervenir dans un hôpital d’enfants, et d’autre part de  doter en fond de livres achetés sur place la bibliothèque d’un village rural du Haut Atlas au Maroc. 

Entretien mené par Sarah GIORIA NDENGUE 

La programmation complète à retrouver sur le site www.desirs-dafrique.com

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