Un film de Kleber Mendonça Filho

L’agent secret, le nouveau film de Kleber Mendonça Filho se déroule en 1977 à Recife, ville natale du réalisateur. Le personnage principal Marcelo (formidable Wagner Moura) arrive en ville dans une coccinelle jaune pour se cacher d’une menace mystérieuse et revoir son fils. Le brésil de 1977 ressemble en surface à un paradis perdu. Les paysages sont colorés, la musique légère, les relations sociales et sexuelles sont joyeuses, tout le monde semble extrêmement sympathique et ouvert, et puis c’est le carnaval. Mais en 1977 le Brésil est aussi une dictature militaire marquée par une paranoïa globale. Le portrait du général Ernesto Geisel s’affiche dans tous les lieux publics. La reconstitution est très réussie dans la représentation d’une époque certainement plus joyeuse qu’aujourd’hui et en même temps plus sourde de menaces avec une police toute puissante et corrompue. Marcelo (ce n’est pas son vrai nom) s’intègre dans une sympathique communauté de réfugiés politiques et renoue des liens avec sa belle-famille qui s’occupe de son fils depuis le décès de sa femme dans des circonstances incertaines. Plus le film avance et plus la menace se fait pressante. Le film déroule son récit en superposant plusieurs strates narratives avec une maitrise et une intelligence impressionnante. Le réalisateur Kleber Mendonça Filho ose beaucoup de choses, comme l’intrusion d’un film d’horreur fantastique parodique au milieu du récit, et en réussit la plupart. Kleber Mendonça Filho s’est déjà fait connaitre par d’excellent films politiques comme Les bruits de Recife, Aquarius ou Bacurau, mais avec l’Agent Secret, il signe son chef d’œuvre, récompensé par deux prix à Cannes (mise en scène et interprétation masculine pour Wagner Moura). Notre époque est compliquée semble-t-il et ce terreau permet le développement de grands films politiques à la hauteur des enjeux, comme One battle after another de Paul Thomas Anderson il y a quelques mois, et maintenant ce grand film brésilien qui nous rappelle que nous avons déjà connu des régimes autoritaires et qu’il est bon de ne pas en oublier les dérives.

Réalisateur et scénariste : Kleber Mendonça Filho 

Chef opérateur : Evgenia Alexandrova 
Décors : Thales Junqueira 
Lumière (gaffer) : Werick Dino 
Costumes : Rita Azevedo 
Coiffure et Maquillage : Marisa Amenta 
Son : Moabe Filho et Pedrinho Moreira
Montage : Eduardo Serrano et Matheus Farias
Musique : Tomaz Alves Souza et Mateus Alves
Design de son : Tjin Hazen
Mixage : Cyril Holtz
Etalonnage : Dirk Meier
Assistants réalisateurs : Fellipe Fernandes, Leonardo Lacca

Société de production : Cinemascópio
Productrice déléguée : Emilie Lesclaux
Producteurs exécutifs : Dora Amorim et Brent Travers
Coproduction : MK Productions (Nathanaël Karmitz, Elisha Karmitz, Fionnuala Jamison, Olivier Barbier) – One Two Films (Sol Bondy, Fred Burle) – Lemming Film (Erik Glijnis, Leontine Petit) – ARTE France Cinéma (Olivier Père, Rémi Burah)


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